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Adrien Rauline
Conseil et Cours de piano
Transcriptions musicales
Vulgarisation de la musique classique
pour les petits et les grands
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Mozart, au-delà des mythes

Mozart est peut-être, dans notre coeur à tous, notre ami le plus cher. Mais… le connaissez-vous vraiment? Qui était Mozart, au delà du mythe? Que retenir de sa gigantesque oeuvre?

Commençons par quelques éléments de sa vie. La connaissance que le grand public en a est aujourd’hui, assez largement, le fruit de mythes. Je vous propose de jouer avec moi: ce mythe est-il vrai ou faux?


Tout d’abord, peut-être le plus célèbre. On dit qu’un mystérieux personnage habillé tout en noir a commandé à Mozart son Requiem, son dernier chef d’oeuvre. Qu’en pensez-vous? (Pause). Je brise le mythe après ce petit temps de réflexion: ce mystérieux personnage n’a jamais existé. Cette belle histoire a été propagée par le film de Milos Forman, Amadeus (1984), qui a beaucoup fait pour la valorisation des oeuvres de Mozart mais qui contient un certain nombre d’inexactitudes historiques. Le véritable commanditaire du requiem serait le comte Franz von Walsegg-Stuppach, qui avait récemment perdu sa femme, et dont le but était de s’approprier la composition de l’oeuvre, contre une somme d’argent rondelette. Pas un homme très bien ce comte! Wolfie-c’est le petit surnom d’amoureux que je lui donne- est, hélas, mort avant de terminer son oeuvre. Sa femme, Constance, a confié l’achèvement à  l’élève en composition Süssmayer, que son maître appelait trou du cul, c’est dire le respect qu’il lui portait- mais qui a permis aujourd’hui au requiem d’être exécuté dans son entièreté.
Passons maintenant au deuxième mythe: on a dit que ce mystérieux personnage, auquel le film Amadeus donne d’ailleurs les traits de Salieri, compositeur collègue de Mozart, n’avait jamais existé. Mais au delà de la question du requiem, on dit souvent que Salieri et Mozart étaient rivaux? Est ce vrai? (Pause). Encore une histoire fausse! Salieri et Mozart étaient collègues et se vouaient un respect mutuel, a priori, vu qu’ils ont collaboré sur un opéra, et que Salieri, notamment a délégué à Mozart l’écriture Cosi fan tutte, ce qui deviendra une de ses plus grandes pièces. Il faut dire que la pièce de Pouchkine Mozart et Salieri, qui fantasme une rivalité toute romantique, et qui a été en plus transformée en opéra par Rimski Korsakov, n’a pas aidé à la vérité historique. Après, personne ne peut certifier de ce que chacun racontait sur l’autre en rentrant à la maison avec sa femme le soir…

Un autre mythe: Mozart, sur tous les tableaux, apparaît comme un bel homme à l’air éternellement juvénile tout fougueux et tout beau. Ressemblait-il à ça vraiment? À nouveau rien de plus faux! Il était pétri de problèmes de santé, notamment aux reins à la fin de sa vie, ce qui lui provoqua une infection dont il mourut. Il ne mesurait, également, qu’un mètre 52 et a sans doute fini presque obèse. La plupart des portraits réalisés de lui ne sont donc pas très fidèles, sauf peut-être le portrait inachevé fait par Joseph Lange, que je vous invite, si le coeur vous en dit, à aller admirer. Il dit beaucoup pour moi de la personnalité de Mozart: celle, encore contrairement aux clichés, d’un éternel mélancolique, qui, la tête vers le bas, esquisse un sourire des yeux et du bout des lèvres.

On a raconté beaucoup d’histoires sur Wolfie, et il ne me suffirait pas d’une émission pour les égrener: je pourrais encore vous en narrer beaucoup, comme l’histoire du Miserere d’Allegri, une oeuvre sacrée que le pape avait interdit de transcrire et d’éditer, dont Mozart a su faire une transcription complète à l’oreille, après une seule écoute, histoire qui pour le coup est vraie. Mais, en bon amoureux de sa musique, je n’en peux plus de me retenir, je dois vous faire écouter des oeuvres en entier! Je vous propose donc de découvrir ensemble trois raretés mozartiennes, trois oeuvres un peu moins connues qui vous donneront un petit aperçu des mille visages de ce compositeur génial.

On commence par la Plaisanterie musicale: titre un peu énigmatique. On l’écoute et on en parle  brièvement après.

Est- ce que cela ne vous inspire pas le rire, et porte quand même merveilleusement bien son nom de plaisanterie? Je suis sûr que oui. Mais d’où vient le rire? Il faut en fait savoir que la symphonie, pièce pour orchestre en plusieurs mouvements, genre qui est aujourd’hui associé inéluctablement à la musique classique, n’est pourtant pas si vieille que ça. Elle ne se fixe dans son découpage moderne qu’avec des compositeurs comme le Padre Martini, qui fut justement un maître de composition de Mozart- découpage qui consiste en un premier mouvement de tempo modéré, un deuxième mouvement plus chantant et lent, un troisième mouvement sous forme de danse (menuet ou scherzo), et un quatrième mouvement rapide.

Wolfie a donc fait la plaisanterie musicale pour se moquer de la symphonie naissante! Il n’emploie d’ailleurs même pas, dans cette oeuvre, tout l’effectif de l’orchestre, mais seulement un quatuor à cordes et deux cors, ce qui renforce l’effet un peu « creux », volontairement, de la sonorité.  La symphonie était un genre beaucoup soutenu par les italiens qui faisait aussi beaucoup usage d’archétypes, comme l’alternance constante entre le premier et le cinquième degré de la gamme, ou les formules d’accompagnement répétitives. Autant de choses que la Plaisanterie musicale de Mozart va parodier et tourner en ridicule. On note par exemple dans ce dernier mouvement de grosses dissonances au cor, un passage fugué (c’est-à-dire avec des voix qui entrent successivement) qui enfreint absolument toutes les règles de composition, … C’est une oeuvre que je vous invite à aller écouter si vous voulez passer un bon moment!

Immergeons nous directement dans la prochaine oeuvre, complètement antinomique: le cum sancto spirito de la grande messe en ut mineur. Vous verrez, qu’aussi fantastique soit-il, l’humour de Mozart est très loin de se porter sur toutes ses oeuvres.
 

Une section absolument magistrale! Je l’ai choisie pour déconstruire un autre préjugé (assez répandu malheureusement) que notre compositeur serait un petit fanfaron. Je pense que l’écoute de cette oeuvre nous persuade assez largement du contraire. Il était, aussi très porté sur la musique sacrée: il a écrit 18 messes, la plupart en tant que maître de musique de Colloredo, prince archévêque de Salzbourg, avant qu’il ne soit congédié pour indiscipline en 1781! La grande messe en ut mineur, est à mon sens, la plus belle: mais il y a aussi la messe du couronnement, les vêpres solennelles d’un confesseur qui ne sont pas inclues dans le compte des 18 messes, la petite cantate maçonnique, une oeuvre crépusculaire incroyable…

Écoutons un dernier extrait, avec lequel je vous laisserai. Mozart était il uniquement le compositeur des grands effets orchestraux? Jamais. Son génie est de, toujours, à mon sens, donner une impression de simplicité et d’humilité. Reprenant des éléments de langage musical baroque, des éléments de langage musical de son époque, son oeuvre est une immense synthèse stylistique, et un point de bascule dans l’histoire de la musique. C’est avec lui et quelques rares oeuvres du classicisme viennois, esthétique à laquelle il appartient, qu’on croit, pour la première et la dernière fois, à l’harmonie de la forme, de l’harmonie et de la mélodie; de l’accord entre la poésie et la musique à l’opéra, de l’accord entre une musique à échelle humaine et une musique qui exprime l’harmonie divine.

Après lui, et avant lui, la musique est l’expression de tourments et de vertiges. Je vous laisse donc en compagnie de Das Traumbild, l’image de rêve en allemand, un magnifique chant pour voix et piano, et j’espère vous avoir fait connaître Mozart un peu plus intime, et vous avoir donné envie de découvrir quelques autres de ses oeuvres. Je vous accompagnerai sans doute dans son processus, parce qu’… amoureux de sa musique comme je suis, il est peu probable que je me retienne d’en reparler. À très bientôt!

Fin
© 2025 par Catherine van Dyk pour Adrien Rauline
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